Les Misérables et tonton Victor (Hugo)

Publié le par latanierealivres

Je n'ai pas la prétention d'écrire une critique sur ce qui est un des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature française, je n'oserais pas, mais une émission de radio entendue dans ma voiture m'a fait prendre conscience ce matin que ce livre avait 150 ans...et je me suis dit qu'aujourd'hui encore "tonton" Victor  (eh oui, je l'ai tellement lu et relu que je m'autorise cette familiarité, de même qu'avec "uncle" William) pourrait malheureusement toujours écrire ce livre:

 Les Thénardiers seraient des marchands de sommeil, ils exploiteraient peut-être encore Cosette mais certainement de jeunes femmes travailleurs sans papiers. 

Fantine, elle, serait toujours une jeune ouvrière mère célibataire à qui son salaire au SMIC à temps partiel ne permet pas de vivre et de nourrir sa fille.

Cosette, elle, irait peut-être à l'école mais dans un quartier du "neuf-trois" où elle se débrouillerait comme elle peut, et j'espère qu'elle n'aurait pas trop de problèmes scolaires parce que les enseignants "RASED" vont quasiment disparaître à la rentrée...et elle aurait toutes les chances de se retrouver au chômage comme une grande partie des jeunes de son âge sans diplômes.

Eponine serait toujours prostituée mais elle travaillerait plutôt au Carlton de Lille ou alors avec des jeunes femmes venues d'Afrique ou d'Europe de l'Est. 

Jean Valjean ne finirait certes pas au bagne mais rencontrerait-il un monseigneur Madeleine pour l'aider?

Gavroche ne serait pas non plus le seul SDF dans nos rues...

Alors une question: les choses ont-elles beaucoup changées?

Alors oui, le droit à l'éducation est maintenant une réalité mais il n'est toujours pas égalitaire, oui Fantine ne mourrait plus de la tuberculose parce qu'elle aurait des antibiotiques et la CMU... mais elle verrait son usine fermer parce que le patron délocaliserait en Chine ou en Tunisie...

Oui, il y a eu des morts de froid cet hiver,  et il y a encore des gens dans notre pays qui ne mangent pas à leur faim.

Alors nous avons encore bien du chemin à faire...

Je ne le dirais pas de ministres aujourd'hui, quoi que... mais j'adresserais plutôt aux financiers et aux spéculateurs ce que dit Hugo dans Ruy Blas (Acte III scéne 2): 

 Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon

  De servir, serviteurs qui pillez la maison !

Donc vous n'avez pas honte !(...)
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !

 

 


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